Le congé maternité dure de 16 à 46 semaines selon le nombre d’enfants attendus et votre situation familiale. Pendant toute cette période, vous percevez des indemnités journalières versées par la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) directement sur votre compte, sans délai de carence, dès le premier jour. Leur montant est calculé sur la base de vos trois derniers mois de salaire brut, dans la limite du plafond mensuel de la sécurité sociale (4 005 € en 2026). En 2026, l’indemnité journalière maximale est de 104,02 € brut par jour. L’employeur n’est pas légalement tenu de maintenir votre salaire, sauf disposition conventionnelle plus favorable.
Vous êtes enceinte, vous regardez votre fiche de paie, et une question s’impose : combien vais-je réellement toucher pendant mon congé ? La réponse surprend souvent. Les indemnités journalières de maternité ne correspondent pas à votre salaire net habituel et l’écart peut être significatif, notamment lorsque votre rémunération dépasse le plafond de la sécurité sociale.
La durée du congé, le calcul des indemnités, les droits vis-à-vis de l’employeur : chacun de ces points obéit à des règles précises que les bulletins de paie n’expliquent pas toujours clairement. Et une nouveauté importante vient d’être introduite par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 : un congé supplémentaire de naissance d’un ou deux mois, encore en attente de ses décrets d’application.
Ce guide vous présente, chiffres 2026 à l’appui, les durées légales selon votre situation, le calcul pas à pas de vos indemnités, et ce que votre employeur peut, ou ne peut pas, faire pendant votre absence.
Quelle est la durée du congé maternité selon votre situation ?
La durée légale du congé maternité est fixée par les articles L1225-17 et suivants du Code du travail. Elle dépend de deux facteurs : le rang de naissance de l’enfant au sein du foyer, et le caractère simple ou multiple de la naissance.
| Situation | Congé prénatal | Congé postnatal | Total |
| 1er ou 2e enfant | 6 semaines | 10 semaines | 16 semaines |
| 3e enfant et plus | 8 semaines | 18 semaines | 26 semaines |
| Jumeaux | 12 semaines | 22 semaines | 34 semaines |
| Triplés ou plus | 24 semaines | 22 semaines | 46 semaines |
Naissance simple : 16 semaines pour le premier et le deuxième enfant
Pour votre premier ou deuxième enfant, le congé maternité dure 16 semaines au total : six semaines avant la date présumée d’accouchement (congé prénatal) et dix semaines après (congé postnatal). La date de début est calculée à partir de la date présumée d’accouchement indiquée par votre médecin ou votre sage-femme.
À partir du troisième enfant : 26 semaines
Lorsque la naissance porte à trois ou plus le nombre d’enfants à charge au foyer, le congé est allongé à 26 semaines : huit semaines avant l’accouchement et dix-huit semaines après. Cette règle s’applique également si vous avez déjà deux enfants vivant à votre foyer, quel que soit leur âge.
Naissances multiples : 34 ou 46 semaines
En cas de grossesse gémellaire, le congé atteint 34 semaines (12 semaines avant + 22 semaines après). En cas de triplés ou plus, il est porté à 46 semaines (24 semaines avant + 22 semaines après). Ces durées sont fixées par l’article L1225-18 du Code du travail.
👆 Bon à savoir :
Un congé pathologique peut être prescrit par votre médecin en cas de complications médicales liées à la grossesse ou à l’accouchement. Il prolonge le congé prénatal de deux semaines maximum, et le congé postnatal de quatre semaines maximum (article L1225-21 du Code du travail). Il est indemnisé aux mêmes conditions que le congé maternité.
Peut-on aménager les dates du congé maternité ?
Oui, dans certaines limites. La loi prévoit plusieurs possibilités d’ajustement selon votre situation.
Report d’une partie du congé prénatal sur le congé postnatal
Sur avis favorable du professionnel de santé qui suit votre grossesse, vous pouvez reporter jusqu’à trois semaines du congé prénatal après la naissance. Le congé postnatal est alors augmenté d’autant. Cette demande doit être formulée au plus tard la veille du début du congé initialement prévu, sans accord préalable de l’employeur (article L1225-17 du Code du travail).
⚠️ Attention :
Si un arrêt de travail vous est prescrit pendant la période de report, celui-ci est automatiquement annulé et le congé maternité démarre dès le premier jour de l’arrêt.
En cas d’accouchement prématuré
Si l’accouchement survient plus de six semaines avant la date prévue, le congé maternité est prolongé d’un nombre de jours égal à ceux compris entre la date effective de naissance et le début du congé prénatal initialement prévu (article L1225-23 du Code du travail). La durée totale du congé reste donc garantie, quelle que soit la date réelle de l’accouchement.
En cas d’hospitalisation de l’enfant
Si votre enfant est hospitalisé plus de six semaines après sa naissance, vous pouvez reporter à la fin de cette hospitalisation tout ou partie du congé postnatal auquel vous avez encore droit (article L1225-22 du Code du travail).
❓ Le saviez-vous ?
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 crée un congé supplémentaire de naissance d’un ou deux mois, que chaque parent pourra prendre simultanément ou en alternance. Ce congé s’ajoute aux congés de maternité et de paternité existants. Les décrets d’application n’étant pas encore publiés à ce jour, il n’est pas encore possible d’en bénéficier. Cette page sera mise à jour dès leur publication.
Quelles conditions pour bénéficier des indemnités journalières ?
Pour percevoir des indemnités journalières (IJ) pendant votre congé maternité, vous devez remplir au moins l’une des conditions suivantes à la date de début de votre grossesse (ou de votre congé parental, si applicable) :
Condition 1 : Activité salariée suffisante : avoir effectué au moins 150 heures de travail salarié au cours des trois mois (ou 90 jours) précédant la date de suspension de votre contrat.
Condition 2 : Cotisation suffisante : avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le montant du SMIC horaire au cours des six mois précédant l’arrêt. Pour un arrêt qui débute en 2026, cela correspond à une rémunération minimale de 12 200,30 € sur cette période (sur la base d’un SMIC horaire brut de 12,02 €).
Dans la pratique, la grande majorité des salariées en activité remplissent l’une ou l’autre de ces conditions sans difficulté. Si vous étiez en CDD, en intérim ou en activité saisonnière, d’autres modalités de calcul s’appliquent. Votre caisse primaire d’assurance maladie peut les détailler selon votre situation.
Comment sont calculées les indemnités journalières de maternité ?
C’est le point qui génère le plus de questions, et le plus de surprises. La formule est précise et s’applique de la même façon pour toutes les salariées du régime général.
La formule :
- Le salaire journalier de base : additionnez vos trois derniers mois de salaire brut et divisez par 91,25 (nombre de jours pris en compte). Le résultat est plafonné au plafond mensuel de la sécurité sociale, soit 4 005 € par mois en 2026.
- L’indemnité journalière brute : l’assurance maladie applique un taux forfaitaire de 21 % en déduisant cette part du salaire journalier de base. Concrètement : salaire journalier de base × 0,79.
- L’indemnité journalière nette : la CSG et la CRDS, deux prélèvements sociaux obligatoires, représentent 6,7 % du montant brut. L’indemnité nette correspond donc à environ 93,3 % de l’indemnité brute.
Les indemnités sont versées sans délai de carence, pour chaque jour de la semaine y compris les samedis, dimanches et jours fériés.
📋 Exemples pratico-pratique :
- Marie est assistante RH, son salaire brut mensuel est de 2 500 €. Elle part en congé maternité pour son premier enfant (16 semaines).
SJB = (2 500 × 3) ÷ 91,25 = 82,19 €
IJ brute = 82,19 × 0,79 = 64,93 €
IJ nette ≈ 64,93 × 0,933 ≈ 60,60 € par jour
Sur 112 jours (16 semaines) ≈ 6 787 € nets versés par la CPAM
- Sophie est cadre, son salaire brut mensuel est de 5 000 €, soit au-delà du plafond de la sécurité sociale (4 005 € en 2026). Son salaire est donc plafonné pour le calcul.
SJB = (4 005 × 3) ÷ 91,25 = 131,67 €*
IJ brute = 131,67 × 0,79 = 104,02 €
plafond atteint IJ nette ≈ 104,02 × 0,933 ≈ 97,05 € par jour
Sur 112 jours ≈ 10 870 € nets mais son salaire mensuel habituel étant de ~3 600 € nets, l’écart est réel.
Résultat : Sophie perçoit le maximum légal, mais cela ne représente qu’une partie de sa rémunération nette habituelle. C’est là qu’intervient la convention collective.
💡 Les conseils de Nolwenn News :
Avant votre départ en congé, consultez votre convention collective ou votre accord d’entreprise. De nombreuses conventions prévoient un maintien partiel ou total du salaire au-delà des indemnités de la sécurité sociale. Votre service RH est tenu de vous l’indiquer. Si votre convention prévoit un maintien intégral, l’employeur vous versera un complément correspondant à la différence entre votre salaire net habituel et les IJ perçues.
Quels sont vos droits vis-à-vis de l’employeur pendant le congé maternité ?
Le congé maternité entraîne la suspension du contrat de travail, mais il n’efface pas vos droits. Plusieurs protections s’appliquent de plein droit (article L1225-24 du Code du travail).
Protection contre le licenciement
Pendant le congé maternité et jusqu’à dix semaines après la fin du congé postnatal, aucun licenciement ne peut vous être notifié, sauf faute grave non liée à l’état de grossesse ou impossibilité manifeste de maintenir le contrat pour un motif étranger à la maternité.
Droit au retour au poste
À l’issue du congé, vous retrouvez votre emploi précédent ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente (article L1225-25 du Code du travail).
Visite de reprise obligatoire
L’employeur est tenu d’organiser une visite médicale de reprise auprès du médecin du travail au plus tard dans les huit jours qui suivent votre retour.
Congés payés
La durée du congé maternité est assimilée à une période de travail effectif pour le calcul des congés payés annuels. Ainsi, vous continuez à acquérir des droits à congés pendant toute votre absence.
Quelles démarches pour mettre en place le congé maternité ?
La mise en place du congé maternité suppose quelques formalités simples, à effectuer dans des délais précis.
- Avant la fin de la 14e semaine de grossesse : déclarez votre grossesse à votre caisse d’assurance maladie (CPAM) et à la CAF. Cette déclaration déclenche le suivi de maternité et l’ouverture de vos droits aux IJ.
- Avant le début du congé : informez votre employeur de la date présumée d’accouchement et de la date prévue de votre départ. Aucun délai légal n’est fixé pour cette information, mais la prévenance habituelle est d’un mois minimum.
- Au moment du départ : transmettez à votre CPAM l’avis d’arrêt de travail établi par votre médecin ou sage-femme. C’est ce document qui déclenche le versement des IJ.
Les règles varient-elles selon votre statut ?
Le guide ci-dessus s’applique aux salariées du secteur privé relevant du régime général. Pour les autres statuts, les règles diffèrent sur plusieurs points essentiels.
Fonctionnaires titulaires
Les fonctionnaires titulaires bénéficient d’un maintien intégral du traitement indiciaire pendant toute la durée du congé maternité. Certaines primes et indemnités accessoires peuvent toutefois être suspendues selon les administrations.
Travailleuses indépendantes et professionnelles libérales
Pour les travailleuses indépendantes et les professionnelles libérales, c’est un régime spécifique relevant de la Sécurité sociale des indépendants (SSI) qui s’applique. Les durées de congé sont identiques, mais les modalités de calcul des indemnités diffèrent : une allocation forfaitaire de repos maternel s’y ajoute.
Salariées agricoles (MSA)
Les durées légales sont les mêmes pour les salariées agricoles mais les conditions d’ouverture de droits et de calcul des IJ relèvent du régime agricole. Rapprochez-vous de votre MSA pour un calcul personnalisé.
Dans tous les cas, votre convention collective peut prévoir des dispositions plus favorables que la loi, quel que soit votre régime d’affiliation. Pensez à la consulter !
Ce qu’il faut retenir
- La durée légale du congé maternité varie de 16 à 46 semaines selon le nombre d’enfants attendus et la composition du foyer (articles L1225-17 et suivants du Code du travail).
- Les indemnités journalières sont versées par la CPAM sans délai de carence, calculées sur la base des trois derniers mois de salaire brut dans la limite du plafond mensuel de la sécurité sociale (PMSS) (4 005 €/mois en 2026).
- Le montant maximal des IJ est de 104,02 € brut par jour en 2026 (soit environ 97 € nets après CSG/CRDS) ; le minimum est de 11,12 € brut par jour.
- L’employeur n’est pas légalement tenu de maintenir le salaire mais votre convention collective peut prévoir mieux, jusqu’au maintien intégral.
- Votre contrat de travail est suspendu, non rompu : vous retrouvez votre poste ou un poste équivalent à votre retour, avec une rémunération au moins équivalente.
- Une protection contre le licenciement s’applique pendant toute la durée du congé et jusqu’à dix semaines après la fin du congé postnatal.
- Un congé supplémentaire de naissance d’un ou deux mois a été créé par la Loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) 2026, mais ses décrets d’application ne sont pas encore publiés.
Le mot de la fin
Le congé maternité est l’un des droits les mieux encadrés du droit social français et pourtant, l’un des moins bien compris au moment où il a vocation à s’appliquer. L’écart entre le salaire habituel et les indemnités perçues est une réalité que beaucoup de salariées découvrent trop tard pour l’anticiper. Consulter sa convention collective avant le départ, vérifier si une subrogation est prévue, calculer ses indemnités avec les chiffres réels : ce sont des démarches simples, accessibles, qui changent la façon dont on aborde les semaines à venir.
Bien préparer son congé maternité, c’est aussi se donner les moyens de vivre cette période sereinement, sans mauvaise surprise financière.
FAQ
Peut-on cumuler congé maternité et congés payés ?
Non dans le même temps, mais les deux s’articulent. Le congé maternité suspend le contrat de travail, et les congés payés acquis pendant cette période peuvent être pris immédiatement après la fin du congé postnatal si vous le souhaitez. Votre employeur ne peut pas imposer la prise de congés payés pendant le congé maternité.
Que se passe-t-il si j’accouche avant ma date présumée ?
Si l’accouchement survient avant le début du congé prénatal, le congé maternité démarre à la date effective de naissance. Si l’accouchement survient plus de six semaines avant la date prévue (naissance très prématurée), la durée totale du congé est prolongée d’autant, pour compenser les semaines prénatales non utilisées (article L1225-23 du Code du travail).
Mon employeur peut-il me contacter pendant mon congé maternité ?
Le contrat de travail est suspendu pendant le congé maternité. Votre employeur ne peut pas vous imposer de travailler ni d’assurer un suivi professionnel pendant cette période. Des échanges ponctuels restent possibles si vous les acceptez librement, mais ne peuvent donner lieu à aucune contrepartie ni obligation de votre part.
Les IJ de maternité sont-elles imposables ?
Oui. Les indemnités journalières de maternité sont soumises à l’impôt sur le revenu. Elles sont intégrées dans votre déclaration annuelle de revenus au même titre que votre salaire habituel. Votre CPAM vous adresse chaque année une attestation fiscale récapitulant les sommes perçues.
Mon indemnité est-elle majorée si j’ai déjà plusieurs enfants ?
Oui. Si vous avez au moins trois enfants à charge au moment de votre congé, vos indemnités journalières sont majorées d’un tiers à partir du 28e jour du congé maternité (article L331-8 du Code de la sécurité sociale).