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Quelles sont les 9 étapes de la procédure de divorce judiciaire ?

S’engager dans un divorce judiciaire, c’est souvent entrer dans une procédure perçue comme complexe, longue et déstabilisante. Contrairement au divorce par consentement mutuel qui suppose un accord total des époux sur le divorce et ses conséquences, cette voie implique l’intervention d’un juge et une succession d’étapes encadrées par la procédure civile.

Pour autant, le divorce judiciaire ne se résume pas à un affrontement systématique devant le tribunal. Il s’inscrit aujourd’hui dans un cadre plus nuancé, où la négociation, le rôle des avocats et la préparation écrite du dossier occupent une place centrale.

Nolwenn News vous propose un parcours clair et détaillé, en 9 étapes, pour comprendre concrètement le déroulement d’une procédure de divorce judiciaire, depuis les premières démarches jusqu’aux conséquences postérieures au jugement.

Étape 1 – Le choix de l’avocat 

Dès lors qu’un divorce amiable n’est pas possible, le recours au divorce judiciaire s’impose. Cette procédure implique nécessairement l’intervention d’un juge aux affaires familiales (JAF) et obéit à un cadre procédural strict.

Dès cette première étape, le choix de l’avocat est central. La loi impose en effet que chaque époux soit assisté par son propre avocat dans toute procédure de divorce. Cette obligation  reflète surtout la complexité de la procédure et l’impact durable des décisions prises tout au long du divorce. 

L’avocat intervient bien en amont de la saisine du tribunal. Il analyse la situation personnelle, familiale et patrimoniale, explique le cadre juridique applicable, identifie les enjeux et accompagne son client dans les premières orientations à prendre. C’est également avec lui que s’amorce la réflexion sur la stratégie à adopter et, le cas échéant, sur les possibilités de dialogue avec l’autre époux.

Le premier rendez-vous est aussi l’occasion d’aborder un point très concret : la convention d’honoraires. Celle-ci doit être établie dès le début de la relation professionnelle. Elle précise notamment le mode de rémunération de l’avocat, les frais susceptibles d’intervenir et les modalités de paiement. Cette transparence permet de sécuriser la relation et d’éviter toute incompréhension ultérieure.

Par ailleurs, l’avocat a l’obligation d’informer son client de l’existence du dispositif de l’aide juridictionnelle, qui peut, sous conditions de ressources, permettre une prise en charge totale ou partielle des frais de justice. Selon les situations, une aide juridictionnelle partielle peut conduire à l’établissement d’une convention d’honoraires complémentaires adaptée.

👉 Bon à savoir :

Le choix d’un avocat en matière de divorce ne repose pas uniquement sur des critères techniques. L’écoute, l’empathie, la confiance, la clarté des échanges et la compréhension des enjeux sont déterminantes dans une procédure qui s’inscrit souvent dans la durée.

Étape 2 – Les tentatives de négociation avant la saisine du juge

Contrairement à une idée reçue, le divorce judiciaire n’exclut pas toute tentative de dialogue. Avant même la saisine du tribunal, ou parallèlement à celle-ci, les avocats peuvent chercher à trouver des solutions négociées, totales ou partielles.

Ces discussions ne sont pas obligatoires, mais elles sont fréquentes en pratique et largement encouragées. Elles permettent parfois d’apaiser le conflit, de limiter les points de contentieux et d’orienter la suite de la procédure.

💡 Les conseils de Nolwenn News :

Tenter de négocier n’est pas un aveu de faiblesse. Même en cas de divorce judiciaire, cela peut sécuriser la procédure et en limiter les effets conflictuels.

Étape 3 – Le choix du type de divorce judiciaire

C’est à ce stade que se précise le type de divorce judiciaire envisagé, en fonction du fondement juridique sur lequel il sera engagé : 

Le divorce accepté 

Il s’applique lorsque les époux sont d’accord sur le principe de la rupture du mariage, mais demeurent en désaccord sur ses conséquences, notamment financières ou concernant les enfants. Dans ce cas, le juge n’a pas à se prononcer sur les raisons de la séparation, mais uniquement sur ses effets.

Le divorce pour altération définitive du lien conjugal

Il repose sur la cessation durable de la vie commune. Il permet à l’un des époux de demander le divorce lorsque la séparation est établie depuis au moins un an, sans avoir à démontrer une faute. Cette durée s’apprécie soit au moment de la demande en divorce si le fondement du divorce est clairement indiqué dans l’assignation, soit au moment du jugement si la demande est faite ultérieurement et concerne la réalité de la séparation, non la durée de la procédure judiciaire elle-même.

👉 Bon à savoir : 

Lorsque le délai d’un an de séparation n’est pas encore atteint au moment de l’assignation en divorce, il est possible d’assigner sans préciser immédiatement le fondement du divorce. Celui-ci peut être indiqué dans les premières conclusions.

Cette stratégie permet que le délai d’un an soit apprécié au jour du jugement — et non au jour de l’assignation — ce qui évite de retarder inutilement la procédure.

​​Le divorce pour faute

Il suppose que l’un des époux reproche à l’autre des manquements graves ou renouvelés aux obligations du mariage, rendant intolérable le maintien de la vie commune. Ce type de divorce nécessite une argumentation précise et la production d’éléments de preuve.

👉 Bon à savoir :

Ce choix n’est pas toujours définitivement figé dès le départ. En pratique, il se construit au fil des échanges avec l’avocat, à partir des éléments du dossier et de l’évolution de la situation. Il n’empêche pas, en outre, de rechercher des accords sur tout ou partie des conséquences du divorce.

Le rôle de l’avocat est ici déterminant : il permet d’expliquer les enjeux propres à chaque type de divorce judiciaire et d’adapter la stratégie procédurale à la situation concrète des époux.

Étape 4 – La saisine du juge aux affaires familiales

La procédure de divorce judiciaire débute officiellement par la saisine du juge aux affaires familiales.

Cette saisine peut intervenir selon deux modalités distinctes :

  • l’assignation en divorce, délivrée par l’un des époux à l’autre par l’intermédiaire d’un commissaire de justice ;
  • la requête conjointe en divorce, lorsque les deux époux décident ensemble de saisir le juge, sans être parvenus à un accord sur les conséquences du divorce.

La requête conjointe constitue une modalité spécifique de saisine dans le cadre d’un divorce judiciaire. Contrairement à une idée répandue, elle ne correspond pas à un divorce amiable : le juge reste saisi du litige et tranche les points de désaccord persistants.

Elle est généralement utilisée lorsque les époux sont d’accord pour divorcer (sur le principe au mois), qu’un dialogue subsiste, souvent à l’issue de discussions entre les avocats, et qu’aucun accord global n’a pu être trouvé sur les conséquences du divorce (enfants, aspects financiers, patrimoine).

Dans ce cas, les avocats rédigent conjointement la requête, qui expose la situation des époux et les points sur lesquels le juge devra statuer.

👉 Bon à savoir :

La requête conjointe permet d’engager une procédure judiciaire sans placer immédiatement les époux dans une logique d’opposition frontale, tout en conservant l’intervention du juge.

Quelle que soit le mode de saisine choisi, cette étape ouvre officiellement la procédure judiciaire et conduit à la fixation de l’audience d’orientation et sur mesures provisoires.

Étape 5 – L’audience d’orientation et sur mesures provisoires

L’audience d’orientation et sur mesures provisoires (AOMP) est une étape centrale du divorce judiciaire.

Elle a pour objet d’organiser la suite de la procédure et de fixer, si nécessaire, des mesures provisoires applicables pendant toute la durée du divorce.

Le juge peut notamment statuer sur :

  • la résidence séparée des époux ;
  • la jouissance du logement familial ;
  • l’organisation de la vie des enfants ;
  • les contributions financières (pensions, contributions à l’entretien et à l’éducation) ;
  • certaines mesures de protection ; 
  • la mise en place d’une médiation familiales ; 
  • la désignation d’un expert, notamment pour évaluer un bien ou éclairer une question patrimoniale. 

Cette audience ne met pas fin au mariage et ne préjuge pas de la décision finale. Elle vise à organiser la période transitoire jusqu’au jugement et à préparer le traitement des questions conflictuelles, notamment sur le plan patrimonial.

💡 Les conseils de Nolwenn News :

Les mesures provisoires s’appliquent jusqu’au jugement. Elles peuvent toutefois être modifiées en cas de changement de situation.

Étape 6 – La mise en état 

Après l’audience d’orientation, la procédure entre dans la phase dite de mise en état, dont l’objectif est de préparer le dossier avant qu’il soit jugé.

Depuis le décret du 18 juillet 2025, l’organisation de cette phase a profondément évolué : l’instruction conventionnelle est devenue la modalité de principe.

Concrètement :

  • ce sont prioritairement les avocats des parties qui organisent l’instruction du dossier pour le mettre en état ;
  • ils conviennent ensemble d’un calendrier d’échanges des conclusions et des pièces ;
  • les échanges se déroulent par écrit, dans le respect du contradictoire.

Le juge conserve un rôle de contrôle et intervient en cas de difficulté ou de blocage.

👉 Bon à savoir :

Les époux ne se présentent pas devant le juge durant cette phase. La préparation du dossier est exclusivement écrite et gérée par les avocats.

❓ Le saviez-vous ?

Les procédures de divorce engagées avant l’entrée en vigueur de la réforme continuent, en pratique, à être instruites selon les anciennes règles de mise en état judiciaire. Une procédure déjà introduite ne change donc pas automatiquement de cadre procédural : elle suit en principe les règles applicables au moment de son lancement.

Étape 7 – L’audience 

Une fois la mise en état achevée, le dossier est prêt à être jugé.

En pratique, la majorité des divorces judiciaires sont aujourd’hui jugés sur pièces et sur conclusions écrites, sans plaidoirie orale systématique (ou alors quelques simples observations orales très courtes).

Le juge statue alors sur la base des écritures échangées entre les avocats, des pièces produites et, de façon générale, de tous les éléments recueillis au cours de la procédure.

❓ Le saviez-vous ?

Une audience de plaidoirie peut être organisée si le juge l’estime nécessaire, mais elle n’est pas automatique. Pour autant, l’absence de plaidoirie ne signifie pas que le dossier est moins étudié.

Étape 8 – La phase de jugement et les voies de recours 

Le jugement rendu prononce le divorce et statue sur ses conséquences. Il est ensuite notifié aux parties, le plus souvent par voie de signification par commissaire de justice.

En cas de désaccord avec la décision ou certaines mentions de celle-ci, il est possible d’interjeter appel du jugement dans le délai d’un mois à compter de sa notification. L’appel doit obligatoirement être formé par l’intermédiaire d’un avocat, via une déclaration déposée au greffe de la cour d’appel compétente par voie dématérialisée. Cette démarche implique également le paiement d’un timbre fiscal de 225 euros.

À défaut d’appel dans ce délai, le jugement devient définitif.

👉 Bon à savoir :

Faire appel ne suspend pas automatiquement toutes les décisions du juge. Les mesures concernant les enfants ou les pensions peuvent continuer à s’appliquer pendant la procédure.

En revanche, une fois le divorce définitivement prononcé — ou lorsque l’appel ne porte plus que sur ses conséquences — le devoir de secours entre époux prend fin.

Le divorce ne produit pleinement ses effets à l’égard des tiers qu’après sa transcription sur les actes d’état civil, laquelle intervient une fois les délais de recours expirés ou les voies de recours épuisées.

Étape 9 – La liquidation du régime matrimonial

Le prononcé du divorce met fin au mariage, mais il ne règle pas automatiquement le sort des biens des époux. La liquidation du régime matrimonial constitue une étape à part entière, distincte du divorce lui-même, même si elle lui est étroitement liée.

Contrairement à une idée répandue, cette liquidation peut intervenir à différents moments. Les époux peuvent décider de liquider et partager leurs biens :

  • avant le prononcé du divorce, par accord amiable, auquel cas le partage est constaté dans le jugement ;
  • pendant la procédure judiciaire, si un accord intervient en cours d’instance ;
  • après le divorce, lorsque les désaccords n’ont pas pu être  réglés  auparavant.

La liquidation du régime matrimonial consiste à dresser un bilan global du patrimoine des époux, en tenant compte à la fois des biens (mobiliers et immobiliers) et des dettes. L’objectif est de déterminer ce qui revient à chacun, en fonction du régime matrimonial applicable. Lorsque les biens ne peuvent pas être partagés de manière équivalente, une soulte peut être versée par l’un des ex-époux afin de compenser l’écart de valeur.

Dans un divorce judiciaire, le juge ne procède pas toujours lui-même au partage des biens.

Lorsque la procédure a déjà donné lieu à un rapport d’expertise notariale, il peut trancher directement les désaccords patrimoniaux dans son jugement.

À défaut, il renvoie les ex-époux devant un notaire pour une tentative de liquidation amiable. Si celle-ci échoue, l’un des époux peut engager une procédure distincte de liquidation-partage judiciaire, au cours de laquelle le tribunal règle les points de blocage et peut ordonner la vente des biens nécessaires au partage.

👉 Bon à savoir :

La présence d’un notaire est obligatoire lorsque la liquidation porte sur des biens immobiliers. Son intervention permet de sécuriser les opérations de partage.

La liquidation du régime matrimonial peut ainsi prolonger le divorce sur le plan patrimonial. Là encore, l’accompagnement par un avocat permet d’anticiper les difficultés, de coordonner les interventions avec le notaire et d’éviter que cette phase ne devienne une source de contentieux supplémentaire.

Le mot de la fin

Le divorce judiciaire ne se résume pas à une suite d’étapes procédurales. C’est un cheminement souvent long, parfois conflictuel, au cours duquel se jouent des décisions déterminantes pour la vie personnelle, familiale et patrimoniale des époux.

Dans ce contexte, le rôle de l’avocat dépasse largement la représentation devant le juge. Il accompagne les époux dans leurs choix, les aide à mesurer les enjeux de chaque étape, à organiser les échanges et à éviter que la procédure ne s’enlise inutilement. Son intervention s’inscrit dans une logique de méthode, de stratégie et d’anticipation, au service d’un cadre plus lisible et plus maîtrisé.

Traverser un divorce judiciaire, c’est aussi préparer l’après. Comp

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